Lechapeaudemitterrand

Un soir alors qu’il dinait seul dans une grande brasserie parisienne, Daniel Mercier (DM) a la surprise de voir s’installer près de sa table François Mitterrand (FM) avec deux convives. En partant, FM oublie son chapeau. DM s’en empare fébrilement et très vite lui, qui était un comptable effacé dans une grande entreprise, change d’attitude : il s’oppose à un projet voué à l’échec et impose ses points de vue de manière énergique. Si bien que le grand patron impressionné et conquis lui propose une super promotion à Rouen. DM accepte et dans le train qui l’amène à Rouen, il oublie le chapeau qu’il avait posé dans le filet à bagages. Très malheureux il n’aura de cesse de retrouver « son » chapeau à tout prix…

C’est Fanny Marquant qui s’en empare alors qu’elle vient du Havre à Paris rejoindre son amant pour une nuit de plus à l’hôtel. Coiffée du chapeau parce qu’il pleut et ravie d’y avoir trouvé ses initiales, elle prend la décision de rompre, décision qu’elle différait depuis longtemps face à l’inertie de son amant. Et elle abandonne le lendemain le chapeau sur un banc d’un jardin public, avant de repartir en Normandie pour une nouvelle vie libre et pleine de promesses … Mais avant son départ, elle observe un homme attiré par le chapeau, qui le prend, le sent et s’en empare.

C’est un « nez » célèbre qui a créé de grands parfums mais qui a perdu son élan créatif et qui est très déprimé, ce qu’il tente de soigner par une psychanalyse (un peu caricaturale ?). Et muni de ce chapeau, tout reprend pour lui avec la gloire assurée. Mais un jour en repartant du restaurant, il hérite d’un chapeau exactement pareil avec cependant de nouvelles initiales : BL au lieu de FM. Il y a eu une erreur de la préposée au vestiaire …

C’est Bernard Lavalière qui a maintenant le chapeau de FM. Un grand bourgeois parisien, désabusé, en marge de son milieu, qu’il critique copieusement sans pouvoir en sortir cependant … Et tout à coup, sa vie devient toute autre au grand désarroi de sa famille et de ses amis. Il renonce au Figaro et préfère Libé et s’engage dans une quête frénétique de l’art nouveau sans regret pour les « vieilleries » qui l’ont entouré depuis son enfance …

Mais DM, inconsolable, poursuit inlassablement ses recherches pour retrouver « son » chapeau ...

Roman qui m’a séduit par son humour fait souvent de douce ironie; bien écrit de manière alerte et bien construit. On ne s’ennuie pas à suivre le chapeau de FM et la fin est jubilatoire !

Présenté par Marie-Annick D.