Onsyfera

Arezou, jeune femme iranienne, se sépare de son mari qui restera en France, et revient près de sa famille en Iran. Après le décès de son père, elle reprend l'agence immobilière familiale, tout en s'occupant de sa fille adolescente et de sa mère qui sont exigeantes voire capricieuses.

Arezou rencontre un client avec lequel elle accepte de sortir. Elle retrouve un certain équilibre et accepte de l'épouser.

Elle va alors se heurter à la désapprobation de ses proches qui trouvent très pratique de disposer de son énergie et de sa disponibilité.

L'auteur met en évidence la difficulté de cette femme émancipée qui reste soumise à sa mère et aux traditions.

Présenté par Christiane G.

 

 

Arezou a 41 ans et vit à Téhéran. Elle est divorcée et a une fille de 19 ans qui va à l'université mais qui ne pense qu'à rejoindre son père en France. Elle s'occupe aussi de sa mère et dirige l'agence immobilière de son père décédé. La pression sur ses épaules est constante, que ce soit au travail ou chez elle, car elle est le soutien financier de nombreuses personnes et sa famille ne lui facilite pas la vie non plus. Son amie Shirine la pousse à sortir un peu et surtout à trouver un homme de temps en temps, qui lui rappellerait qu'elle est une belle femme. C'est pour cette raison que, quand Sohrab Zardjou vient à l'agence pour acheter un appartement, Shirine encourage Arezou à le rencontrer à nouveau bien qu'elle ne sente pas encore suffisamment prête pour une nouvelle liaison amoureuse …

Ne connaissant pas vraiment la vie quotidienne en Iran, j'ai commencé ce livre avec beaucoup d'intérêt, curieuse de découvrir la vie actuelle des femmes dans ce pays et je dois dire que je suis sortie de ma lecture un peu perplexe. Tout d'abord, l'héroïne, qui n'a que 41 ans, m'a semblé bien plus vieille que son âge mais la vie ne lui ayant pas fait de concessions, on peut supposer qu'elle a été poussé à mûrir très vite en devant s'occuper financièrement de sa famille. Elle semble n'avoir plus aucune attente, aucun but, aucun espoir. La pression sociale, l'amour qu'elle a pour sa mère et sa fille, qui l'énervent malgré tout assez souvent, l'empêchent de vivre pleinement sa vie et de se réaliser mais le roman va nous faire découvrir une nouvelle ouverture dans le quotidien de cette femme. Parallèlement, le livre brosse aussi le portrait de la femme iranienne plus traditionnelle avec la mère d'Arezou et un aperçu de la femme plus moderne avec la fille, Arezou servant de trait d'union entre ces deux époques. Mais le tout m'a paru assez peu poussé, tout juste survolé, effleuré sans rentrer en profondeur et ça à mon plus grand regret. Cela se résume tout simplement à une romance certes exotique de part le pays où elle se passe mais sans grande surprise. Certaines scènes sont vraiment excellentes, comme celle du bus, mais un peu trop rares à mon goût. Quant au style, les mots persans émaillent le roman, immergeant le lecteur dans le pays (mais je n'ai pas vraiment suivi la division en notes de bas de page et en lexique de fin de livre … pourquoi avoir divisé les explications et traductions en deux parties ? Mystère ! J'aurais en tout cas préféré que tout soit en bas de page … je déteste devoir courir en fin de livre pour découvrir la signification d'un mot). Mais j'ai trouvé la narration parfois un peu hachée, comme si j'avais raté une phrase ou une explication, de même que j'ai parfois eu du mal à repérer qui parlait dans les dialogues. Cela reste quand même une agréable lecture qui m'a permis de voyager et de découvrir un peu la littérature iranienne.

Présenté par Joëlle H.