Rosacandida

L’histoire familiale débute en Islande. La mère est morte dans un accident de voiture. Le père, presque octogénaire, doit gérer le quotidien. Arnljotur, 22 ans, est le père d’une petite fille, Flora Sol, née d’une très brève aventure avec Anna, la petite amie d’un copain. Et enfin Josef, son presque jumeau, autiste. Le premier est né avant minuit, le second après minuit, donc pas le même jour.

Arnljotur décide de partir dans un lointain monastère, célèbre pour sa roseraie, en emportant avec lui des boutures de la rose préférée de sa mère, une rose à huit pétales, de la famille des Rosa Candida, qui est rarissime. Après un très long voyage, semé d’embûches et de curieuses rencontres, il arrive enfin au monastère, occupé par une douzaine de religieux. Le frère Thomas, cinéphile averti, le prendra sous son aile et lui fera découvrir ses films, adaptés, selon lui, à toutes les circonstances de la vie. On voit là que l’auteure a séjourné à Paris. Elle connaît bien le cinéma européen.

Arnljotur va remettre en état la roseraie à l’abandon depuis très très longtemps. Il a quitté son pays, son père, son frère, Anna et Flora Sol, mais aussi la serre et le jardin où sa mère l’a initié à l’horticulture, pour un pays dont il ne parle même pas la langue. Mais de quel pays et de quel continent s’agit-il, on ne le saura jamais. C’est très loin, c’est tout. Mais rien ne se passe comme prévu. Il va y avoir toutes sortes de retournements imprévus et imprévisibles.

J’ai aimé ce livre. Il est loufoque, tendre, primesautier, très attachant, et malgré tout profond au-delà de sa légèreté apparente. On y découvre des modes de vie, des paysages, des recettes de cuisine et les pensées parfois saugrenues de ce jeune homme, ses questionnements sur la vie, sur la mort, sur le corps, sur le sexe. Un vrai bon moment de lecture.

 

Ecrivaine islandaise, née en 1958. Etudes d’Histoire de l’Art à Paris. Maître-assistante d’Histoire de l’Art à l’Université d’Islande et directrice du musée de cette même université. Elle a donné de nombreuses conférences et organisé plusieurs exposition d’artistes. Jolie rousse aux cheveux longs. Elle vit à Reykjavik. Elle a reçu deux prix littéraires en Islande et le Prix des Libraires au Québec en 2010. C'est son troisième roman. Il a été traduit en une quinzaine de langues.

 

Zulma : maison d’édition fondée en 1991, dédiée à la littérature contemporaine, française et internationale. Son nom vient d’un poème de Tristan Corbière – Morlaix (1845-1875)-, « A la mémoire de Zulma ». Elle est reconnaissable à son triangle inversé et à ses couvertures à dessins géométriques. D’après Laure Leroy, fondatrice avec Serge Safran, la couverture doit être « une porte sur l’imaginaire, les mondes et les arrières mondes que l’on va découvrir à la lecture ». Elle se veut indépendante, mais semble soutenue par Le Seuil. Son objectif : éditer quinze livres par an.

Présenté par Catherine C.