Joursansretour

Histoire vraie et exemplaire d'un pasteur allemand, que l'auteure a rencontré en 1940 par l'intermédiaire du FBI : Léopold Bernard, persécuté par des commandos nazis, est obligé de fuir en Amérique où il sera ordonné prêtre en 1940.

Même exilé, le danger existe, représenté par les sympathies pro-allemandes de citoyens américains prêts à livrer les réfugiés à l'ambassade d'Allemagne. Terrifié, il s'était adressé au FBI qui, tout en le cachant dans une paroisse obscure, le mit en contact (secrètement) avec Kressmann Taylor.

Le témoignage issu de ses entretiens ultra secrets avec le jeune pasteur était programmé par le FBI pour révéler au public américain la réalité du régime hitlérien et justifier l'entrée en guerre des USA contre l'Allemagne. L'attaque de Pearl Harbor rendit cette opération vaine, la propagande antifasciste étant devenue alors inutile.

Ce récit met l'accent sur l'état d'esprit, la culture et la psychologie de l'Allemagne entre les deux guerres : la position "infamante" imposée à celle-ci après la Grande Guerre et l'espoir d'une nouvelle nation plus glorieuse. On voit bien l'organisation parfaite des universités, la stimulation intellectuelle, la liberté d'étude et la fin de cet état avec la montée du nazisme. Une partie de la jeunesse bascule car elle voit le moyen de sortir de cette décadence.

Petit à petit, on assiste à la fracture d'une société nazisme/protestantisme (opposition de deux "religions"), remplacement du crucifix par le portrait du Fuhrer, mise au pas des facultés, centralisation des pouvoirs, opposition éliminée soit par incarcération des leaders soit par interdiction des partis traditionnels, répressions, persécutions …

Au final, on retient ces tragiques erreurs d'appréciation qui ont égaré l'opinion allemande mais aussi les autorités religieuses qui, au départ, ne se sentaient pas concernées, car il y avait une distinction séculaire des deux royaumes (état/religion). On découvre la placidité, l'apathie et la lassitude qui ouvrirent la porte aux nazis.

Présenté par Yolande G.