Lamourdunehonnetefemme

« Les enfants restent », nouvelle faisant partie du recueil « L’Amour d’une honnête femme » écrit en 1998.

Une famille est en vacances sur la côte est de l’île de Vancouver : les jeunes parents, leurs deux petites filles et les beaux-parents de la femme.

Pauline, la jeune mère, n’aime pas beaucoup la plage. Elle a également du mal à supporter les remarques humoristiques de Brian, son mari. Comme elle a du mal à entendre toujours les mêmes réflexions de ses beaux-parents, sa belle-mère qui s’inquiète sans cesse pour les enfants et son beau-père qui refuse la moindre réflexion sur ce lieu de vacances qu’il a choisi.

Pauline s’évade en pensant à la pièce de théâtre Eurydice de Jean Anouilh dans laquelle elle doit jouer. Elle pense aussi de plus en plus au metteur en scène Jeffrey qui leur fait travailler leurs rôles. Pauline a une aventure avec Jeffrey et quand il lui propose de venir la rejoindre, elle n’hésite pas longtemps et abandonne mari et enfants pour s’enfuir avec lui.

Cette nouvelle est emblématique d’Alice Munro, elle y reprend ses thèmes de prédilections : la tristesse du quotidien, l’usure de la vie de couple, l’envie de sortir de la monotonie du couple et de la vie de famille, et bien sûr le thème récurrent de la fugue : laisser tout derrière soi, fuir l’enfer conjugal, fuguer … Dans cette nouvelle, l’écrivaine canadienne met en scène également le mythe d’Orphée qu’elle affectionne.

L’écriture d’Alice Munro est comme toujours limpide, les portraits de ces personnages, principalement des femmes sont magnifiquement ciselés et son écriture repose comme souvent sur l’énigme, le narrateur de cette nouvelle tient le rôle d’un observateur qui ne dévoile pas toutes les motivations de ses personnages.

Présenté par Marie-Pierre B.