Laconvocation

L’auteure nous parle de la vie sous le régime communiste de Ceausescu en Roumanie, son pays d’origine.

Nous entrons dans les pensées d’une femme qui se rend en bus chaque semaine au bureau de la sécurité sur convocation. Elle travaille dans une fabrique de vêtements pour l’exportation et le luxe qu’elle imagine dans la vie des acquéreurs de ces vêtements l’amène à commettre une faute. En préparant une expédition pour l’Italie, elle glisse un mot et ses coordonnées dans la poche d’un pantalon.

Dans l’ambiance délétère où l’autre peut être indicateur, elle est dénoncée par un de ses collègues, alors commence pour elle l’angoisse d’aller au travail, la peur de l’autre et celle du lendemain, l’attente de cette convocation et chaque fois le même dégoût devant ce fonctionnaire qui la harcèle sans scrupules.

Nous visitons avec elle une ville triste où tout est gris, les gens ne se regardent pas, ne se parlent pas. Elle aimerait partager sa colère avec quelqu’un. Hélas sa meilleure amie avec qui elle parlait du quotidien mais aussi de leurs rêves de jeunes femmes a été abattue par la milice pour avoir eu des relations avec un étranger.

Son mari est au courant de ces convocations qui lui pourrissent la vie, il subit aussi des sévices en silence et chaque soir il boit de l’alcool et s’endort profondément, empêchant ainsi toute intimité et tout dialogue.

Elle évoque son enfance auprès de ses parents, si peu heureuse. Partir à la ville, gagner de l’argent pour quitter le pays devint son rêve.

La vie à cette époque consistait à assurer les besoins vitaux, le régime en place interdisait le plaisir d’être ensemble, le rêve et l’amitié.

Présenté par Christiane G.