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Biographie très universitaire centrée sur l’œuvre de Simenon, sa production littéraire brillamment analysée et très approfondie. Il y a aussi beaucoup de photos prises par Simenon, affiches de films qui éclaircissent un texte dense, très intellectuel, ce qui peut risquer de lasser le lecteur.

Elle est organisée en sept parties :

  • La littérature de quatre sous

  • Mélancolie de Maigret

  • Le malheur merveilleux d’écrire

  • La maladie des hommes

  • A la découverte de l’autre

  • La réparation paradisiaque

  • Le petit cinéma de Simenon

Cette biographie étant centrée sur l’œuvre de Simenon,, son rapport à l’écriture et sa vie privée ne sont abordés que pour renforcer cette analyse. L’auteur qualifie la vie de Simenon de conte de fée.

Né à Liège dans un milieu modeste, il montrera dès son enfance un goût forcené pour la lecture et l’écriture au grand dam de sa mère !

Dès l’âge de 19 ans, il arrive à Paris et connaît le succès avec des romans de « quatre sous » (selon lui-même) que plusieurs éditeurs parisiens s’arrachent pour plaire à leur lectorat populaire. Il devient riche et connu et s’introduit facilement dans le milieu des célébrités parisiennes.

A 30 ans, il invente le commissaire Maigret, un anti héros à l’origine d’un succès foudroyant. Avec Maigret, Simenon révolutionne les codes du roman policier en y introduisant la dimension psychologique. Il ne se contente plus du « comment » et du « qui » mais cherche le « pourquoi » en travaillant finement ses personnages (biographie, vie intime, milieu …). Il en exhume les secrets de famille, les détresses, les hypocrisies … Il en écrira 80 !

Après la guerre, il se consacrera aux « romans durs » dont beaucoup deviendront de grands films réalisés par les plus grands réalisateurs. Il explore inlassablement « l’âme humaine » et ce qui peut l’amener au désastre … en tant que victime ou agresseur, la limite n’étant pas toujours évidente.

Simenon s’inscrit dans la liste des écrivains réalistes. C’est un grand admirateur de Balzac, Maupassant et des contemporains ont reconnu sa force littéraire : Gide, Céline, Brasillach …

Pour lui l’artiste, l’écrivain est un névrosé, un malade qui a trouvé dans l’écriture une forme de thérapie. Il dira à ce propos : « Ecrire a été une sorte de défi à ma mère » qui a toujours douté de lui, qui lui préférait son frère et le lui disait. Ne trouvant pas de soutien auprès de son père soumis à sa femme, il s’est senti orphelin.

Il écrira tous ses romans vite selon un rituel incontournable jusqu’à l’épuisement physique et psychologique mais il ne pourra se passer d’écrire ce qui conduira à une production hors du commun.

Grand voyageur, il a eu soif de connaître le monde, mais on lui a reproché son indépendance, son refus de prendre parti, de ne pas s’engager pour telle ou telle cause (ce qui lui sera reproché à la fin de la guerre).

Il s’est installé en Suisse pour y finir sa vie et y est mort en 1989 à 86 ans.

 

Danielle Bajomée est directrice du Centre d’Etudes Georges Simenon et professeur de littérature à l’Université de Liège, spécialiste des relations entre la littérature et le cinéma. Paru en 2003 chez La Renaissance du Livre (Paris et Tournai en Belgique), ce livre a été édité en lien avec l’exposition « Année Simenon au pays de Liège » en 2003 à l'occasion du centenaire de la naissance de Georges Simenon.

Présenté par Marie-Annick D.