Lettresaanaisnin

Dans ce recueil, Henry Miller écrira à Anaïs Nin pendant quinze ans, où qu'il soit de par le monde, environ 230 lettres à un rythme variable. En effet, cette correspondance aura pour cadre pour les neuf premières années Paris et la France, puis la Grèce et en deuxième partie, les USA (sud-est surtout et Californie).

Miller, originaire de New York, arrive à Paris en 1931, il a 40 ans et tente sa chance en littérature, sa seule passion, dans la vieille Europe alors que rien ne marche aux USA pour lui et qu'il commence à avoir, à travers quelques écrits, une réputation de dépravé et d'obscène ! C'est un grand admirateur de D.H. Lawrence (« L'amant de Lady Chatterley ») qu'il défend contre tous les puritains …

A Paris, il fera la connaissance d'Anaïs Nin de douze ans sa cadette, revenue dans sa ville natale en 1923 après avoir passé son enfance et son adolescence à New York. Elle y mène une vie très libre, fréquentant le milieu des artistes et écrivains.

Il ressort de cette correspondance un attachement très fort d'Henry Miller à Anaïs Nin et un besoin irrépressible de lui confier ses états d'âme, ses projets, ses démarches, d'obtenir ses avis sur ses écrits et d'avoir un peu de sécurité matérielle … Il est vrai qu'Anaïs Nin contribue sans compter à aider Miller étant donné que ce dernier vit le plus souvent sans un sou, hébergé ici ou là jusqu'en 1946 où il finira par s'installer dans sa maison à Big Sur en Californie. A ce moment-là, il bénéficie d'une notoriété internationale … enfin ! Son « Tropique du Cancer » publié en France dès 1933 est enfin publié partout légalement et son oeuvre est reconnue.

Que représente Anaïs Nin pour Henry Miller ? On a le sentiment que cette relation épistolaire (relatée à sens unique, n'ayant pas la correspondance d'Anaïs Nin) indéfectible, vitale, frise le fusionnel, il y a quelque chose d'une relation de fils à mère malgré le fait qu'Henry soit bien plus vieux qu'Anaïs …

Correspondance intéressante qui aide à mieux connaître Henry Miller et fait beaucoup voyager (Miller, c'est Kérouac avant Kérouac) mais elle m'a très vite lassée … même si je suis allée jusqu'au bout pour « voir » … Très intéressant sans doute pour les biographes.

NB : Miller mentionne dans une de ses premières lettres l'existence de sa fille mais on n'en entendra plus jamais parler.

Présenté par Marie-Annick D.