Harraga

Lamia, la quarantaine, célibataire, pédiatre, vit à Alger dans la grande maison de son enfance. Elle a perdu un frère dans un accident de voiture et l’autre est devenu « un harraga », un brûleur de routes, c’est-à-dire un migrant en partance pour une vie meilleure. Elle n’a plus de nouvelles de lui et s’en désole.

Un jour arrive chez elle Cherifa, une belle jeune fille de seize ans, enceinte, une sauvageonne en rupture de tout, une harraga à sa manière elle aussi. C’est Sofiane, qu’elle a rencontré à Oran sur la route de l’exil, qui lui a recommandé de se rendre chez sa sœur. Débarque alors une tempête dans la maison si calme où l’univers culturel et domestique bien réglé de Lamia va être bouleversé. Sa « vie est détournée de sa route à jamais ». Et Lamia de s’interroger : «  Jusqu’à quel point, mon Dieu, notre vie nous appartient-elle en propre ? »

Puis bientôt, lassée des préoccupations éducatives de Lamia à son encontre, Cherifa s’en va et Lamia, culpabilisée et inquiète, n’aura alors de cesse de la retrouver.

 

Beau roman constellé de poèmes et de très belles pages (voir notamment celles sur Alger qui « ne finit pas de surprendre » (p.82), où l’auteur s’attache à mettre en avant une femme libre, indépendante et cultivée (« la pire des engeances en terre d’Islam ») qui a pris ses distances avec l’emprise islamiste sur l’Algérie et qui ne manque pas d’esprit critique et de détermination.

Présenté par Marie-Annick D.