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Le 25 février 1980, le critique littéraire et sémiologue Roland Barthes est heurté violemment par une camionnette dans les rues de Paris alors qu'il se rend au Collège de France où il donne des cours. Il semble que préoccupé par une chose inconnue, il n'ait pas fait attention à la circulation. Le commissaire Bayard est chargé par les hautes sphères d'enquêter sur l'accident, car on pense que Barthes était peut-être en possession d'une choses très recherchée : la septième fonction du langage. Mais Bayard a du mal à comprendre tous ces intellectuels qui parlent de langage avec des mots abscons et il demande alors à un jeune professeur de l'université de Vincennes, Simon Herzog, de l'aider. Cela va entrainer les deux hommes de Paris en Italie, en passant par les Etats-Unis en les plongeant dans le monde universitaire et dans un mystérieux club, le Logos Club …

 

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce livre, vu que je suis totalement ignorante du monde de la philosophie et des études sur le langage. Du coup, l'accroche « Qui a tué Roland Barthes ? » sur la couverture ne signifiait pas grand chose pour moi, qui ne connaissais cet homme que de nom (j'aurais bien été incapable de dire ce qu'il avait fait). Sans compter le titre, qui aurait plutôt tendance à faire un peu peur ! En plus, en feuilletant vite fait le livre avant cette lecture, je suis tombée sur quelques passages bien compliqués et je dois dire que cela m'a fait un peu refroidie … je n'étais pas sûre de tenir la distance sur les presque 500 pages du livre. Mais à mon plus grand étonnement, je l'ai lu en entier et assez rapidement en plus ! Et, même si je suis très très loin d'avoir tout compris aux explications sur le langage et à certains discours, j'ai quand même bien aimé. Tout d'abord, j'ai tout de suite eu des atomes crochus avec le commissaire Bayard, tout aussi perdu que moi et qui m'a bien fait rire. En plus, il y a du suspense et j'ai été assez intriguée même si, dès qu'on comprend en quoi consiste cette fameuse septième fonction du langage, on se doute de qui va l'avoir et comment cette personne va s'en servir. L'humour n'est pas en reste et est subtil, faisant référence à beaucoup de choses, aussi bien sur la sémiologie, sur la vie des protagonistes, sur l'Histoire. Les personnages, dont une grande partie existent vraiment, sont nombreux, couvrant aussi bien le milieu universitaire qu'artistique et politique mais l'auteur nous les a présentés de façon cocasse et haute en couleurs, qui donne envie de creuser un peu plus le sujet. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait et j'ai été impressionnée par la richesse de ce roman uchronique, qui mêle faits réels et imaginés (mais imaginés de façon très intelligente et très réussie). J'ai aussi appris de nombreuses choses sur le langage, même si je ne suis pas sûre de tout retenir au final. En bref, moi qui croyais abandonner au bout de 50 pages, j'ai finalement dévoré ce roman original, amusant, érudit, décalé, prenant, ironique et j'ai passé un très bon moment … à mon plus grand étonnement. Comme quoi, il faut toujours essayer avant de pouvoir affirmer si on aime ou pas !

Présenté par Joëlle H.