Affinites

Margaret Prior, bientôt la trentaine, vient de perdre son père il y a quelques mois et se remet d'une longue « maladie » due à son chagrin et au peu d'espoir qu'elle met dans son avenir de vieille fille, à s'occuper de sa mère alors que sa jeune soeur va, elle, se marier. Pour s'occuper l'esprit, elle se présente comme dame patronnesse à la prison pour femmes de Millbanks, où elle va rencontrer la belle et mystérieuse Selina Dawes, emprisonnée pour plusieurs années suite à une séance de spiritisme qui a mal tourné. Mais la jeune médium ne cesse de proclamer son innocence et Margaret va se plonger dans un monde étrange où rien ne semble être acquis et où des choses qui paraissent impossibles arrivent

Il ne me reste plus beaucoup de livres de Sarah Waters à lire à ce jour (je pense qu'il ne m'en reste plus qu'un mais il m'attend dans ma pile à lire) et j'ai toujours été contente de mes découvertes. Il faut dire que cette auteure a une façon de raconter des histoires passionnantes, avec une ambiance très prenante et des personnages particuliers, soit attachants, soit retors et machiavéliques mais aucun ne laisse indifférent. Ici, on retrouve l'Angleterre de la fin du 19ème siècle, avec son ambiance particulière, qu'on avait pu déjà découvrir dans deux de ses titre précédents (Du bout des doigts et Caresser le velours). Cette fois, ce sont trois milieux différents qui sont abordés lors de cette histoire : celui des familles assez aisées avec Margaret Prior mais où l'apparence et les bonnes manières sont essentielles, celui des spirites et médiums en tous genres, avec tous les abus que ce genre d'activité peut entrainer et pour terminer celui des prisons, avec ses règles, ses surveillantes, ses « locataires obligées » pour diverses raisons. La prison de Millbanks est d'ailleurs la toile de fond la plus importante, avec ses hautes murailles étouffantes, ses cellules et on se représente très bien comment ce devait être un endroit horrible et tentaculaire. La narratrice principale est Margaret Prior, via son journal, mais certains chapitres viennent en alternance et sont tirés du journal de Selina Dawes. Ils sont là pour donner un autre éclairage sur la vie de Selina Dawes mais ils serviront aussi à éclaircir toute l'histoire à la fin. On retrouve certains des thèmes favoris de l'auteure, que je ne citerai pas ici pour garder le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs et lectrices et la condition des femmes est esquissée via les prisonnières, leurs gardiennes ou bien Margaret Prior et sa famille. Je ne me suis pas ennuyée une minute lors de cette lecture, même si j'aurais probablement préféré voir le roman commencer directement par le journal de Margaret au lieu de celui de Selina car je ne suis vraiment rentrée dans l'histoire qu'au moment où Margaret est entrée dans Millbanks. De même, la fin m'a paru prévisible et inévitable mais j'ai eu quand même quelques surprises bienvenues. Encore un coup de coeur qui fait que je suis bien embêtée pour dire quel titre de Sarah Waters est mon préféré !

Présenté par Joëlle H.