Lesnaufragesdeliletromelin

2009, Grand Prix Palatine du Roman Historique. 2009, Prix Relay. 2010, Grand Prix de l’Académie de Marine.

Le navire L'Utile fait naufrage sur l’île des Sables avec un équipage de 142 marins et 160 esclaves malgaches achetés en fraude à Madagascar. Ils avaient pris la mer avec l’espoir de faire un énorme profit puisque la traite des Noirs était désormais interdite. On est le 31 juillet 1761. Le naufrage est du au Capitaine Jean de Lafargue qui n’a pas fait confiance à une carte marine et qui a coupé au plus court pour gagner du temps de façon à arriver avant ses concurrents sur les marchés aux esclaves ! Ils seront 120 rescapés blancs et 60 rescapés noirs. L’île est inhospitalière. Pas d’arbres, pas d’eau, des milliers d’oiseaux marins qui seront avec les poissons et les coquillages leur seule nourriture sinon que du corail coupant. Ils vont trouver de l’eau, saumâtre. Ils vont fabriquer des tentes avec des morceaux de voiles. Ils vont récupérer des tonneaux d’eau, des vivres, des outils. Marins et esclaves vont surtout être obligés de cohabiter et de s’entraider. Ils vont faire une carte avec l’emplacement de l’épave et des tentes. Le Second de L’Utile, Castellan, va prendre la tête de cette microsociété hétéroclite, « Le Blanc- aux-yeux-Couleur-de-Pluie », comme l’appellent les Noirs. Les Blancs vont construire une prame, aidés par les esclaves. Mais les uns comme les autres savent que seuls les Blancs vont partir. Ils prendront la mer avec leur bateau de fortune le 26 septembre 1761, laissant derrière eux 60 esclaves noirs à qui ils promettent de venir les chercher très vite. Castellan n’arrivera pas à se faire entendre. Il n’obtiendra jamais de bateau. Lafargue, devenu fou, disparaît, misérable et ruiné. Il faudra attendre le 29 novembre 1776 pour que l’Enseigne de Vaisseau de Tromelin arrive à débarquer sur l’Ile Maudite. Les survivants seront restés 15 ans à attendre ! Tromelin et son équipage ne retrouveront que sept survivantes et un bébé qui sera baptisé Moïse.

Quel livre ! Quelle histoire que celle de ce bateau ! Cela m’a profondément bouleversée. Irène Frain a fait un travail de recherche considérable pendant plusieurs années. Elle a même pu, grâce à la Marine Nationale Française, débarquer sur l’île pour s’imprégner du lieu et, comme elle le dit elle-même, en revenir saine et sauve. Elle a été très émue par cette histoire incroyable qui a défrayé les chroniques de l’époque. Cette aventure hors du commun a suscité des affrontements violents entre les Humanistes et les Conservateurs pour qui les Noirs, et qui plus est des esclaves, n’avaient aucune valeur humaine. A ce sujet, la cohabitation forcée des deux groupes sur l’île a changé le regard des uns sur les autres. L’île a pris le nom de l’Ile de Tromelin en l’honneur du sauveur de ces quelques malheureuses survivantes. On a totalement perdu la trace de tous les protagonistes. Il y a en ce moment à La Maison de l’Agglo et au Musée de la Compagnie des Indes à Port-Louis, deux expositions sur cette histoire et ce jusqu’à la fin octobre.

 

L'auteure est née à Lorient en mai 1950. Femme de lettres française, romancière, journaliste, historienne, elle est issue d'une famille très proche du milieu rural et de son dénuement. Elle a fait ses études au Lycée Dupuy de Lôme à Lorient et obtient une agrégation de Lettres Classiques en 1972. De 1972 à 1981, elle enseigne dans des lycées et à la Sorbonne. Elle est l’auteure d’ une œuvre très importante et très diverse. J’ai compté : 32 livres parus. Elle a commencé à publier en 1979 : Quand les Bretons peuplaient les Mers. Ambassadrice des Associations « Aide à l’Enfance Tibétaine » et « La Voix de l’Enfant ».

 Présenté par Catherine C.

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