Quandlerequindort

Son 1er roman, rapidement retiré du marché en Italie. Suivront Mal de Pierre (2007) et Battement d’ailes (2008)

C’est l’histoire d’une famille sarde, la famille Sevilla-Mendoza, racontée par une adolescente, mal dans sa peau, un peu boulotte et sous l’emprise d’un homme marié qui se livre avec elle à des jeux sadomasochistes particulièrement dégradants. Le père, séducteur invétéré, toujours absent, préférant s’occuper des autres, en Afrique, en Amérique Latine, plutôt que des siens. La mère, artiste, dépressive, anorexique, se réfugie dans sa peinture et dans le jardin qu’elle a créé au sommet de leur immeuble. Le frère, souffre-douleur dans son collège, se réfugie dans la musique . Grâce à son piano, il fuit sa famille au bord du gouffre. La tante, belle et appétissante, cherche le Grand Amour. On assiste alors à un défilé incessant de fiancés, hélas toujours éphémères. Elle s’occupera des deux adolescents à la mort de sa sœur, leur mère. La grand-mère, le ciment de la famille. Gravitent autour des personnages masculins, les amoureux de sa tante, l’homme marié, un médecin sud-américain, fiancé de la tante, mais secrètement amoureux de la mère qui retrouvera auprès de lui une courte mais réelle joie de vivre. Comme toile de fond des paysages magnifiques, la mer, la garrigue, les plages, le soleil…la beauté de la Sardaigne. Des phrases crues, parfois d’une grande violence, à la limite du supportable. Roman étrange et déroutant, brutal mais très poétique. Il s’en dégage une infinie tendresse pour tous ces personnages et leurs vies toujours bancales. J’ai énormément aimé. L’auteure est une magicienne qui nous emprisonne dans son monde et ne nous lâche plus jusqu’à la fin. Quel livre !

N.B. : Pourquoi ce titre ? La narratrice ressent la vie comme Jonas dans sa baleine. Ici la baleine est un requin et il faut attendre que le requin dorme pour s’échapper entre ses dents.

Présenté par Catherine C.