Balzacetlapetitetailleusechinoise

Dai Sijie est né en Chine en 1954. Envoyé en rééducation entre 1971 et 1974. Il peut reprendre ses études en 1976. En 1984, avec une bourse, il vient en France et entre à l’IDHEC. Il réalise quelques films. Son premier roman Balzac et la Petite Tailleuse chinoise paraît en 2000. Il est écrit directement en français et est vendu à 250 000 exemplaires. Il reçoit de nombreux prix. Il est traduit en 25 langues, sauf en chinois. Il est largement autobiographique. Il l’adaptera lui-même au cinéma.

Deux lycéens, le narrateur, qui joue du violon, et son ami Luo, un conteur talentueux, vivent dans un village perdu dans la montagne. Ils y sont en rééducation. Leurs torts : leurs parents sont des « bourgeois réactionnaires ». Ils doivent y apprendre les « vraies valeurs », que sont celles de la terre et du travail physique. Gravitent autour d’eux toutes sortes de personnages, des villageois frustres et illettrés, souvent hauts en couleurs. Ils font ainsi la connaissance de la Petite Tailleuse, dont Luo tombera amoureux. Les deux garçons doivent s’acquitter de toutes sortes de travaux, éprouvants physiquement, avilissants. Dans un village voisin, ils vont retrouver un condisciple, myope comme une taupe, « Le Binoclard », qui possède un trésor inestimable : une valise pleine de livres d’auteurs occidentaux traduits en chinois. Cette valise va devenir un enjeu obsessionnel. Luo et le narrateur raconteront aux villageois Le Père Goriot de Balzac, entre autres, d’où le titre du livre. Aux fins fonds de ces montagnes hostiles et loin de tout, ils vont découvrir tout un monde. La Petite Tailleuse aussi. Leurs vies en seront définitivement changées. Il faudrait trop de lignes pour résumer ce livre. Il faut tout simplement le lire et se laisser enchanter de la première à la dernière ligne, ce que j’ai fait. C’est un témoignage drolatique et atroce de cette Révolution Culturelle qui a anéanti des millions de vies humaines. Le narrateur aurait pu être brisé. Il en a fait ce roman qui est un splendide témoignage de l’absurdité des hommes et de leurs capacités à survivre malgré tout.

Présenté par Catherine C.