Unelettredevous

Mars 1912. Le jeune David Graham, étudiant à l'université d'Urbana dans l'Illinois, écrit une lettre admirative à une poétesse écossaise, Elspeth Dunn, dont il a énormément apprécié le recueil de poésie. Celle-ci est mariée et vit sur l'île de Skye, où elle est née et qu'elle n'a jamais quitté. Une correspondance régulière s'installe entre eux, parlant de littérature, du quotidien, de la nature, de l'université, des différences entre la vie aux Etats-Unis et la vie sur une petite île isolée d'Ecosse. Mais la première guerre mondiale est déclarée et va bouleverser la vie de David et d'Elspeth. Des années plus tard, en 1940, c'est la seconde guerre mondiale qui ravage le monde et Margaret, une jeune femme écossaise qui n'a aucun souvenir de son père ni aucune connaissance concernant la vie de sa mère avant sa naissance, est intriguée par l'attitude de sa mère devant les questions insistantes qu'elle lui pose sur son passé …

J'ai opté pour ce joli titre car la couverture me plaisait bien et puis, cela avait un lien avec l'Ecosse. Je n'ai pas regretté mon choix ! Dès le départ, on plonge dans la correspondance entre David et Elspeth, avec les tâtonnements du début et j'ai aimé voir cette relation évoluer dans le temps. L'écriture est fluide, sans prétention et naturelle, comme une vraie correspondance et j'ai trouvé qu'il était vraiment très facile de s'attacher aux personnages. Le rythme de lecture est plutôt soutenu car les lettres sont courtes, ce qui fait qu'on a tendance à en lire plus que prévu. En plus, les chapitres alternent : une fois, il s'agit de David et Elspeth, une fois, il s'agit de Margaret et ses correspondants (qui peuvent aussi bien être sa mère que son ami Paul ou son oncle), ce qui permet de ne jamais se lasser. Il m'a paru très intéressant de voir le parallèle entre les deux guerres, comment la seconde semble plus proche de tout le monde, avec les moyens modernes qui permettent les bombardements. Il y a aussi une sorte de petit suspense mais franchement, j'ai vite deviné ce qu'il en était. Il n'y a que certains dénouements vers les dernières pages (et je parle des cinquante dernières, peut-être même moins que ça), qui ne sont pas forcément faciles à deviner à l'avance et qui permettent donc, eux aussi, à pousser à la lecture et à ne pas poser le livre. J'ai du mal à cerner réellement la petite magie qui se dégage de ce roman mais qui m'a envoûtée car j'ai dévoré ces pages avec grand plaisir et j'ai été triste de quitter ces personnages très sympathiques et attachants que j'avais presque fini par voir comme des amis.

Présenté par Joëlle H.

Lu aussi par Christiane G. : voir son avis.