Lecoeurinnombrable

A travers les petits détails de la vie quotidienne, la nature et le passage des saisons, ce poème tiré du recueil « Le coeur innombrable » parle du temps qui s'écoule paisible et de l'amour tranquille et durable. Il y a une sorte de joie, de paix et, comme le titre l'évoque, d'innocence dans ces lignes qui parlent d'une vie simple et pourtant heureuse.

Ce poème me plait par sa pureté, sa simplicité et sa puissance évocatrice de la vie et de la nature en général. Je voulais aussi mettre en avant les femmes en poésie en choisissant cette auteure reconnue dont j'ai appris quelques poèmes à l'école.



La comtesse Anna-Élisabeth de Noailles, née Bibesco Bassaraba de Brancovan, est une poétesse et une romancière française, d'origine roumaine, née à Paris le 15 novembre 1876 et morte à Paris le 30 avril 1933.

Descendante de princes boyards de Roumanie et d'une pianiste grecque, Anna mène une vie privilégiée avec son frère et sa soeur. Sa tante joue un rôle actif dans la vie artistique parisienne à la fin du XIXe siècle jusqu'à sa mort en 1902. Anna reçoit son instruction presque entièrement au foyer familial, parle l'anglais et l'allemand en plus du français et a une éducation tournée vers les arts, particulièrement la musique et la poésie. La famille passe l'hiver à Paris et le reste de l'année dans leur propriété à Amphion, près d'Évian sur la rive sud du lac Léman.

En 1897, Anna épouse à l'âge de 19 ans le comte Mathieu de Noailles (1873-1942). Le couple, qui fait partie de la haute société parisienne de l'époque, aura un fils, le comte Anne Jules (1900-1979).

Au début du XXe siècle, son salon parisien situé avenue Hoche attire l'élite intellectuelle, littéraire et artistique de l'époque parmi lesquels Edmond Rostand, Paul Claudel, Colette, André Gide, Maurice Barrès, Frédéric Mistral, Paul Valéry, Jean Cocteau, Pierre Loti ou encore Max Jacob et François Mauriac. Elle est également amie avec Georges Clémenceau.

En 1904, avec d'autres femmes, elle crée le prix « Vie Heureuse », issu de la revue La Vie heureuse, qui deviendra en 1922 le prix Fémina, récompensant la meilleure œuvre française écrite en prose ou en poésie.

Elle meurt en 1933 dans son appartement parisien de la rue Scheffer et est inhumée au cimetière du Père-Lachaise, mais son cœur repose dans l'urne placée au centre du temple du parc de son ancien domaine d'Amphion-les-Bains.

Elle fut la première femme commandeur de la Légion d'honneur, la première femme reçue à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Elle était aussi membre de l'Académie roumaine.

En 1920 son premier recueil de poèmes (Le cœur innombrable) est couronné par l'Académie française et en 1921, elle reçoit le Grand prix de littérature. Plus tard l'Académie française créera un prix en son honneur.

Anna de Noailles a écrit trois romans, une autobiographie et un grand nombre de poèmes.

Son lyrisme passionné s'exalte dans une œuvre qui développe, d'une manière très personnelle, les grands thèmes de l'amour, de la nature et de la mort.

Présenté par Joëlle H.