Eauxfortesdebuenosaires
Au théâtre de la vie !
Une découverte! Après une introduction de la traductrice Antonia Garcià Castro, arrive le premier texte « Les Gosses qui naissent vieux » ! J'ai ressenti cela comme une grande claque, des lignes cruelles, pleines d'humour et de lucidité qui méritent un extrait :
-..et le voila fiancé et grave comme le code civil ; il se marie et le jour de ses noces, on dirait qu'il assiste à l’enterrement d'un mauvais payeur....
Je me suis dit, le reste ne sera pas à la hauteur, et pourtant si!! Petite précision : ces chroniques ont été écrites entre 1928 et 1933 !
Dans quelques textes comme « Causes et déraisons de la jalousie » ou autre exemple « Soliloque du célibataire », on reconnaît un jugement sévère, ironique, mais juste du genre humain et de la vie de couple.
D'autres écrits sont plein de mélancolie pour le temps qui passe, les anciens quartiers qui ont changé, les souvenirs disparus, mais la causticité reprend le dessus dans « Ateliers de restauration de poupées », pauvres jouets......pauvres enfants...pauvres parents....pauvres chats....pauvres servantes....
Il y a aussi chez cet auteur un certains sens du loufoque, l'histoire improbable d'un homme d'une femme et du prix d'un ticket de bus ! Un médecin dont l'épouse va voir un guérisseur ! Que dire d'un titre comme celui-ci «  Philosophie de l'homme qui a besoin de brique », attention ici la brique n'a pas le sens de ce mot en argot, c'est pour du dur (si je peux me permettre!).
Il est aussi question de construction dans « Les Grues abandonnées sur l'île Maciel », car les grues en question n'ont rien à voir avec les volatiles cendrés ou autres!
Le monde est résumé dans « La tragédie d'un honnête homme », du grand art! Art de vivre dans « La chaise sur le trottoir », regard bienveillant sur la vie d'un quartier et de ses habitants. Et que dire de « La mère dans la vie et dans le roman »! Hommage à toutes les mères du monde réel ou fictif.
Présenté par Yvon B.