Immortellerandonnee

Parti pour effectuer à pied la Haute Route Pyrénéenne, l'auteur se retrouve sur le chemin de Compostelle par le Nord : "la variété des projets n'était qu'un leurre, un moyen commode pour masquer cette évidence désagréable : je n'avais en réalité pas eu le choix. Le virus de Saint-Jacques m'avait profondément infecté. J'ignore par qui ou par quoi s'est opérée la contagion; mais, après une phase d'incubation silencieuse, la maladie avait éclaté et j'en avais tous les symptômes".

L'auteur raconte avec humour et talent son parcours, sa toilette spirituelle. Au départ, on marche et petit à petit une transformation s'opère. On devient plus léger, plus humain, plus réceptif, car on se dépouille du superflu au fur à mesure qu'on avance. On endure les souffrances (ampoules, sac trop lourd, tendinite) et il semble que cela participe à l'élévation spirituelle ... Il faut perdre pour retrouver l'essentiel. Sur le Chemin du Nord, chacun reste en compagnie de lui-même.
Quand on est pèlerin, on devient anonyme, il n'y a plus de position sociale, tout le monde est à égalité. On a l'impression d'appartenir à la nature sauvage de se fondre en elle. A l'approche de vieilles pierres, il éprouve un plaisir sans pareil à laisser son imagination le tromper, brouiller les époques, lui laisser croire qu'il est retourné dans le temps passé. L'enchaînement des jours, la constance de l'effort, l'accumulation de la fatigue ne montrent pas que le chemin est débonnaire, mais que c'est une force, une expérience incomparable.

Présenté par Yolande G.