Fugitives

Recueil de huit nouvelles, dont la première, sous le titre de « Fugitives », donne son titre au livre. Ces nouvelles se passent toutes dans l’Ontario. Les protagonistes en sont des gens ordinaires, presque toujours des femmes. Ce sont des réflexions douces-amères sur l’existence.

Pouvoirs :

Huitième et dernière nouvelle du recueil, la plus dense et la plus attachante pour moi. Elle se déroule sur plusieurs décennies.

Mars 1927. Nancy, une jeune femme-enfant, insolente et primesautière, accepte de se marier avec Wilf, le jeune médecin qui vient de s’installer. Son père, lui, dirige une scierie. Tessa, une camarade de classe de Nancy, a dû quitter l’école pour cause de maladie. Ollie est le cousin tuberculeux de Wilf. Et enfin Ginny, la bonne copine, papillonne beaucoup et ne se mariera jamais. Nancy emmène Ollie chez Tessa. Il découvre son don de divination et est frappé par la profondeur de son regard et par son naturel. Nous les regardons vieillir, se heurter aux aléas de l’existence. Ollie et Tessa disparaissent. Ils sont partis ensemble aux USA. Ollie va faire de Tessa un sujet d’expériences diverses et destructrices. Il l’abandonnera dans un centre un peu particulier. En 1968, Nancy se rendra dans ce centre dans le Michigan après avoir reçu un courrier lui demandant de venir chercher Tessa. Elle ne pourra pas l’emmener, Wilf, son mari, est très malade. Tessa pense qu’Ollie est mort. Aux débuts des années 70, Nancy se promène à Vancouver. Wilf est mort et elle est partie faire une croisière en Alaska pour se changer les idées. Elle se promène dans les rues, au hasard et elle croise alors Ollie, qui lui raconte tout ce qui s’est passé avec Tessa.

Je ne développe pas davantage … Cette nouvelle m’a profondément émue. Elle raconte les petits grains de sable qui font que ce qui aurait pu être n’a pas été, que quoiqu’il arrive la vie continue, cahin-caha.

 

Née en 1931, Alice Munro est une écrivaine canadienne de langue anglaise. Mariée deux fois, elle porte le nom de son premier mari, James Munro. Elle écrit principalement des nouvelles. Elle publie la première en 1950 et depuis elle a publié 14 recueils de nouvelles et un roman. Elle a obtenu de très nombreux prix entre 1968 et 2013. Le 10 octobre 2013, elle obtient le Prix Nobel de Littérature pour être « la souveraine de la nouvelle contemporaine ». Elle est la première écrivaine canadienne à obtenir le Prix Nobel de Littérature et la 13è femme de lettres. Sa nouvelle «  L’Ours traversa la Montagne » qui évoque la maladie d’Alzheimer est adaptée au cinéma en 2007, sous le titre «  Loin d’elle » . Julie Christie a obtenu l’Oscar de la Meilleure Actrice pour ce rôle. C’est aujourd’hui une dame de 82 ans, aux cheveux tout blancs et au sourire éclatant. On la compare souvent à Anton Tchekhov. Moi, elle me fait surtout penser à Joyce Carol Oates.

Présenté par Catherine C.